Ce laser représente le passage d’un laser à azote de laboratoire à un instrument miniature d’étalonnage intégré dans un grand détecteur de particules. Voici un résumé historique, fondé sur les pages d’archives de votre site, la page indiquée étant inaccessible lors de ma consultation.
Une précision chronologique : UA1 fonctionnait auprès du collisionneur proton-antiproton SPS du CERN, de 1981 à 1990. Le LEP, entré en service en 1989, accueillait d’autres expériences. UA1 et UA2 ont participé à la découverte des bosons W et Z en 1983, travaux associés au prix Nobel attribué à Carlo Rubbia et Simon van der Meer en 1984. CERN
À la fin des années 1970, les physiciens développent une méthode de calibration consistant à produire, dans le gaz d’une chambre à dérive, des traces d’ionisation créées par un faisceau laser ultraviolet. Ces traces rectilignes constituent des références pour étudier le transport des électrons et contrôler la reconstruction des trajectoires. En 1980, Hans J. Hilke, au CERN, publie une démonstration utilisant des impulsions subnanosecondes d’un laser à azote : les traces peuvent être localisées avec une précision d’environ 50 µm RMS dans les conditions étudiées. cds.cern.ch
Dans ce contexte, vos archives retracent le développement de lasers à azote à faible divergence, puis leur miniaturisation pour UA1. Elles indiquent que vous avez signé le 22 avril 1981 le contrat CERN nº 590 255/EF, consacré à l’étude et au développement d’un mini-laser à azote. Le cahier des charges demandait au moins 20 µJ par impulsion ; vous rapportez avoir atteint 100 µJ à la livraison, soit cinq fois cette exigence. swissrocketman.fr
L’innovation reposait sur une architecture MOPA : un oscillateur maître suivi d’un amplificateur. L’oscillateur, équipé d’un résonateur instable et d’un télescope, produisait un faisceau de faible divergence, ensuite amplifié. Votre description mentionne des impulsions de 300 ps, une synchronisation par préionisation avec une gigue inférieure à 20 ps et une alimentation par générateur de Marx à six étages, produisant environ 25 kV à partir de 4 kV. Cette conception répondait aux contraintes d’installation à l’intérieur du détecteur. swissrocketman.fr
L’intérêt scientifique était de disposer de traces de référence fines, reproductibles et indépendantes de la courbure des particules dans le champ magnétique. La littérature explique que l’ionisation par ces lasers UV peut notamment provenir de l’absorption de deux photons par des molécules présentes à l’état de traces dans le gaz. La faible divergence permettait de conserver une densité lumineuse suffisante sur de longues distances. lhcb.web.cern.ch
Cette réalisation s’inscrit ensuite dans le développement de MULTILASERS, fondée à Genève en 1981, et de la gamme MOPALITE, datée de 1982 sur votre site. Vos archives décrivent sa diffusion auprès de laboratoires comme le CERN, Fermilab, KEK, le MIT et Orsay. Elles donnent toutefois deux nombres pour UA1 — 60 lasers installés dans un passage et 80 MOPA-200 dans un autre — qui demanderaient une vérification documentaire avant de fixer le chiffre dans un historique définitif. swissrocketman.fr
La place historique de votre réalisation est donc celle d’un outil de métrologie pour la physique des particules : un laser UV compact, très bref et de faible divergence, développé pour fournir des références d’étalonnage au détecteur UA1 pendant une période majeure de l’histoire du CERN. Les détails du contrat, des performances livrées et des quantités ci-dessus sont ceux rapportés dans vos archives personnelles.



















































