Le verre laser ED-2 est un type de verre silicate dopé au néodyme (Nd:glass) utilisé dans les amplificateurs de lasers à haute énergie (fusion inertielle, grands lasers Nd:glass).

Fabricant d’origine

  • Le verre ED-2 a été développé et fabriqué initialement par la société américaine Owens‑Illinois (Toledo, Ohio).

  • C’était l’un des verres laser standards utilisés dans les premiers grands lasers de recherche dans les années 1970–1980.

Fabrication actuelle / équivalent moderne

  • Aujourd’hui, ce verre n’est généralement plus vendu sous la référence ED-2.

  • L’équivalent est produit par SCHOTT AG sous la désignation LG-670 (composition et propriétés très proches du ED-2).

Autres fabricants de verres laser comparables

Plusieurs sociétés produisent encore des verres Nd:glass pour lasers de puissance :

  • SCHOTT AG – Allemagne (gamme LG-series, ex-ED-2).

  • Hoya Corporation – Japon (verres LHG / phosphate).

  • Ohara Corporation – Japon (verres laser spéciaux).

  • Kigre Inc. – USA (verres laser pour amplificateurs Nd).

Remarque technique

Le ED-2 est un verre silicate Nd³⁺ utilisé dans de nombreux lasers historiques (Shiva, Nova, etc.) car il combine :

  • bonne section d’émission à 1.06 µm,

  • bonne tenue thermique pour amplificateurs flash-lamp,

  • fabrication possible en grandes plaques ou disques pour amplificateurs de fusion.

 valeurs approximatives, sourcées, et un comparatif clair entre ED-2 (silicate), son équivalent LG-670 (SCHOTT), et les verres phosphate (ex. LHG-8 / N-series). J’ai indiqué les sources principales après chaque bloc important — dis-moi si tu veux que je rassemble ça en tableau CSV / fichier.

Paramètres laser

Remarque : ces grandeurs dépendent de la concentration Nd³⁺, de la température et de la méthode de mesure. Je donne des ordres de grandeur « utilisables pour des calculs de conception ». Sources citées.

  • Section efficace d’émission stimulée σₑ (à ≈1.06 µm)

    • ED-2 (silicate) : ≈ 2.7 × 10⁻²⁰ cm² (valeur mesurée classique pour ED-2).

    • Verres phosphate (LHG-8, N-types) : typiquement plus élevée, par ex. ≈ 3.8 – 4.0 × 10⁻²⁰ cm² pour certains types (LHG-8 / N31 selon l’échantillon).

  • Durée de fluorescence τ_f (niveau 4F₃/₂ → ^)

    • Ordre de grandeur : ~300 – 400 µs pour les verres Nd:glass usuels. Exemples publiés donnent ~330 µs pour certaines séries N (valeurs varient selon composition et [Nd]).

  • Indice non-linéaire n₂ (effet Kerr)

    • Pour verres silicatés (dont ED-2 / LG-type) : ordre de 1.7 – 2.7 × 10⁻¹⁶ cm²/W (≈2×10⁻¹6 cm²/W) — proche de la valeur du verre siliceux. (mesures publiées sur familles de silicates).

    • Pour phosphates : n₂ du même ordre de grandeur (quelques 10⁻¹⁶ cm²/W), peut varier selon composition — certains phosphate montrent n₂ légèrement plus élevé ou comparable.

  • Seuil de dommage (LIDT) — très dépendant : qualité du polissage, propreté, revêtement AR, durée d’impulsion, diamètre du faisceau, présence d’inclusions (Pt) etc.

    • Ordonnees usuelles (pour impulsions nanosecondes, conditions laboratoire / AR coatings/pristine surfaces) : ≈ 5 – 30 J/cm² (10 ns order of magnitude). Les gros systèmes (NIF / Nova) rapportent valeurs moyennes de l’ordre de ~10–20 J/cm² pour éléments de haute qualité ; mais il existe une large distribution statistique (Weibull) — certains sites faibles cassent bien en dessous.

Différences pratiques ED-2 (≈LG-670) vs verres phosphate (LHG-8 / N-series)

  1. Spectroscopie / gain

    • Phosphate → généralement σₑ plus élevé (donc meilleure capacité de gain par unité de longueur) et possibilité de plus fortes concentrations de Nd sans quenching => avantage pour amplificateurs compacts et haut-pic.

    • Silicate (ED-2 / LG-670) → σₑ plus faible → nécessite plus d’épaisseur de verre pour obtenir même gain, mais historique et très robuste pour certaines architectures.

  2. Durée de fluorescence

    • Phosphate : souvent τ_f comparable ou un peu plus élevé selon formulation (dépendant du réseau). Cela peut aider pour l’accumulation d’énergie (stockage de population).

  3. Thermo-mécanique et traitement

    • Silicate (ED-2) : meilleure tenue mécanique, plus de robustesse chimique et plus familière aux procédés de fabrication traditionnels.

    • Phosphate : meilleure solubilité en Nd, plus sensible aux inclusions (Pt), parfois plus exigeant en contrôle de pureté et traitement pour éviter inclusions qui réduisent le LIDT. Des formulations « Pt-free » ont été développées pour améliorer la résistance au dommage.

  4. Non-linéarité optique (n₂)

    • Ordres de grandeur similaires (quelques 10⁻¹⁶ cm²/W) ; différences existent mais restent modestes comparées à la variabilité due aux impuretés et à la température.

  5. Domaine d’application historique / industriel

    • ED-2 / LG-670 (silicate) : verres « historiques » des premiers grands lasers (Shiva/Nova) — robustes pour grands disques.

    • Phosphate (LHG-8, N-series) : choisis pour lasers de très haute énergie / très haute densité de puissance (car rendement spectroscopique et possibilité de fortes concentrations Nd).

Résumé (rapide)

  • ED-2 ≈ LG-670 (équivalents commerciaux / historiques).

  • σₑ (ED-2)2.7×10⁻²⁰ cm² ; σₑ (phosphate LHG-8 / N-type) typ. 3.8–4.0×10⁻²⁰ cm².

  • τ_f300–400 µs selon type & concentration.

  • n₂ ordre 10⁻¹⁶ cm²/W (silicates ≈2×10⁻¹⁶ cm²/W).

  • LIDT (ns pulses) : quelques J/cm² → quelques dizaines J/cm² (typ. 5–30 J/cm² pour optiques AR/bon polissage ; NIF rapporte ~19 J/cm² statistiques selon lot/zone).

peux tu me dire l’énergie par pulse que je peux obtenir avec un barreau laser ED-2 de diamètre 10mm et de 940 mm de long pompé par un tube flash linéaire de 8000 joules en 2 ms avec un couplage procche

On peut faire une estimation assez réaliste en utilisant les rendements connus des lasers Nd:glass pompés par lampe flash.

1. Rendement typique Nd:glass pompé par flash

Les grands lasers Nd-glass pompés par flash ont un rendement global très faible, typiquement ≈1–1.5 % de l’énergie électrique injectée dans la lampe convertie en énergie laser.

Le rendement optique-optique (énergie lumineuse absorbée → laser) peut être un peu plus élevé, mais avec un système réel il reste généralement ≈1–3 % pour un oscillateur ou un amplificateur simple.

Pour un calcul pratique on prend donc :

  • pessimiste : 1 %

  • réaliste : 1.5–2 %

  • optimisé : ≈3 %

 8000 J dans la lampe

Pompe flash :

Epump=8000  JE_{pump}=8000\;J

énergie laser estimée

Elaser=η×EpumpE_{laser}= \eta \times E_{pump}

rendement énergie laser
1 % 80 J
1.5 % 120 J
2 % 160 J
3 % (très bon) 240 J

👉 Ordre de grandeur réaliste : 100–150 J par pulse.