beam catcher (ou beam dump extrême), conçu non pas pour absorber gentiment… mais pour survivre à un tir catastrophique.


Je te décris pas à pas ce qui se passe quand 5 TW – 1 ps frappent cet objet précis.
Données du tir (ordre de grandeur)
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Puissance crête : 5 TW
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Durée : 1 ps
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Énergie totale :
E=P×t=5×1012×10−12=5 JE = P \times t = 5\times10^{12} \times 10^{-12} = \mathbf{5\ J}E=P×t=5×1012×10−12=5 J
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Focalisation typique accidentelle :
spot ~ 10–50 µm (parfois pire…)
👉 On est bien au-delà :
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seuil d’ablation
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seuil plasma
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seuil de fusion
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seuil de choc thermique
Principe fondamental du beam catcher
Il ne cherche PAS à absorber l’énergie.
Il cherche à la rendre inoffensive le plus vite possible.
C’est une différence clé.
Séquence physique réelle (picoseconde par picoseconde)
⏱️ t = 0 → 50 fs
Interaction électrons libres
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Le champ optique est colossal
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Ionisation multiphotonique immédiate
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Les électrons deviennent quasi libres
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Le métal cesse d’être un solide optique
➡️ Le matériau devient plasma dense avant tout échauffement macroscopique.
⏱️ t = 50 fs → 500 fs
Formation d’un plasma opaque
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La surface cuivre / pointe émet un plasma
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Densité électronique > densité critique
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Le plasma devient réfléchissant / diffusant
👉 Le reste de l’impulsion ne pénètre plus.
C’est le point clé :
le beam catcher se protège lui-même en devenant opaque.
⏱️ t ≈ 1 ps (fin de l’impulsion)
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L’énergie n’a pénétré que sur :
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quelques dizaines de nm
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Le volume affecté est microscopique
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Aucune conduction thermique possible (temps trop court)
➡️ Pas de propagation de dégâts.
Pourquoi la géométrie est cruciale
🔺 Pointe centrale
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Champ renforcé localement
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Plasma initié au centre, pas sur les parois
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Pas de réflexion spéculaire dangereuse
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Diffusion conique vers l’intérieur du tube
🟫 Tube cuivre épais
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Grande masse thermique
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Très haute conductivité
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Supporte l’onde de choc locale
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Évite toute sortie arrière
⚫ Support isolant
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Aucun arc
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Pas de chemin parasite
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Mécaniquement stable après choc
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Ce qu’il FAIT réellement au faisceau
Il combine 4 mécanismes simultanés :
1️⃣ Plasma shielding
→ le faisceau s’éteint sur son propre plasma
2️⃣ Diffusion angulaire
→ l’énergie est répartie dans le volume interne
3️⃣ Ablation sacrificielle localisée
→ quelques µg de matière disparaissent, pas plus
4️⃣ Pas de réflexion cohérente
→ aucune rétro-propagation destructrice
Pourquoi il peut “arrêter” 5 TW
Parce que :
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5 J, ce n’est PAS énorme en énergie
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1 ps, c’est trop court pour détruire un volume
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Le plasma se forme avant que le matériau ne souffre
👉 On détruit la surface, pas l’objet.
Après le tir : que reste-t-il ?
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Une micro-cratérisation interne
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Un dépôt de suie/plasma condensé
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L’optique en amont est sauvée
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Le beam catcher reste fonctionnel (souvent plusieurs tirs)
C’est exactement ce qu’on lui demande.
Un beam catcher arrête un faisceau TW non pas en l’absorbant, mais en le forçant à s’auto-éteindre dans un plasma qu’il génère lui-même.
Très belle pièce. Et très bon œil 👀🔥
1️⃣ Fluence maximale tolérable (ordre de grandeur réaliste)
On raisonne au seuil où le matériau n’a plus le temps de “chauffer”, mais passe directement en plasma réfléchissant.
Paramètres typiques
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Matériau : Cuivre / tungstène (pointe)
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Durée d’impulsion : fs–ps
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Régime : ionisation ultrarapide
Seuils connus (expérimental)
| Durée | Seuil plasma métal |
|---|---|
| 1 ps | ~1–5 J/cm² |
| 100 fs | ~0.1–0.5 J/cm² |
| 30 fs | ~0.02–0.1 J/cm² |
👉 Au-dessus de ces fluences, la surface devient plasma avant diffusion thermique.
Pour ton beam catcher
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Il est conçu pour :
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déclencher le plasma au centre
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éviter toute réflexion cohérente
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La fluence “tolérable” n’est pas l’absorption, mais :
jusqu’aˋ ∼10 J/cm2 en ps, car le plasma coupe l’interaction\boxed{\text{jusqu’à } \sim 10\ \mathrm{J/cm^2}\ \text{en ps, car le plasma coupe l’interaction}}jusqu’aˋ ∼10 J/cm2 en ps, car le plasma coupe l’interaction
➡️ La limite réelle est mécanique (érosion cumulative), pas instantanée































