Ce laser anciennement un excimer je l’ai modifié en un laser TE N2 pour le pompage de laser à colorant.
L’avantage majeur est une durée de pulse de 8ns ce qui est optimum pour le pompage des colorants.
Autre avantage est une grande énergie et un faisceau de section rectangulaire de 25mm x 6mm.
Le circuit de décharge est du type « Blumlein » avec un thyratron à hydrogène PERKING ELMER type HY-11Z.
Une série de 10 condensateurs en titanate de baryum de 2200pF sont fixés sur la cathode munie d’une grille en inox derrière laquelle se trouve une électrode de préionisation. Une autre série de 9 condensateurs de 2200pF sont court circuités par le thyratron ce qui double la tension aux bornes des électrodes de décharges.
Merci pour la correction. Effectivement, en regardant de nouveau la géométrie et compte tenu de vos précisions, il s’agit davantage d’un laser TE (Transversely Excited) que d’un véritable TEA.
La distinction est importante :
| TE | TEA |
|---|---|
| 30 à 100 Torr typiquement | Pression atmosphérique (~760 Torr) |
| Souvent mélange He-N₂ | Azote pur ou mélange à pression atmosphérique |
| Grand volume actif | Décharge plus compacte |
| Thyratron ou commutation rapide | Souvent éclateur (spark gap) |
| Répétition jusqu’à plusieurs centaines de pps | Souvent quelques pps à dizaines de pps |
Votre description correspond parfaitement à un système optimisé pour obtenir un volume d’inversion important plutôt qu’un gain extrême sur une très faible longueur.
Rôle du mélange He-N₂
L’hélium joue plusieurs rôles :
- améliore l’uniformité de la décharge ;
- augmente la vitesse d’établissement du plasma ;
- évacue efficacement la chaleur ;
- réduit les instabilités et les filaments.
L’excitation est ensuite transférée aux molécules d’azote par collisions.
Le mélange typique est souvent :
- 90 à 99 % He
- 1 à 10 % N₂
avec une pression totale de l’ordre de 50 à 80 Torr comme vous l’indiquez.
Pourquoi un thyratron à hydrogène ?
Le choix est très logique pour un système répétitif.
Les thyratrons à hydrogène présentent :
- temps de montée de quelques nanosecondes ;
- très faible jitter ;
- forte tenue en courant ;
- excellente durée de vie en fonctionnement répétitif.
Des références classiques étaient par exemple :
- CX1140
- CX1154
- CX1538
- EG&G HY-3202
selon la puissance.
À 100 pps avec 8 mJ optiques par tir, on obtient déjà :
0.8 W0.8\ \text{W}
de puissance UV moyenne, ce qui est considérable pour un laser azote destiné au pompage de colorants.
Ce qui m’intrigue sur votre machine
Les condensateurs orange semblent former une ligne de stockage répartie sur toute la longueur du tube.
L’architecture évoque davantage un système à :
- ligne de transmission distribuée,
- faible inductance,
- électrodes parallèles sur toute la longueur.
Cela permet d’obtenir une décharge très homogène sur les 600 mm du milieu actif.
La largeur du faisceau annoncée (25 mm) est également remarquable. On ne cherche manifestement pas ici la meilleure qualité spatiale mais un grand faisceau UV uniforme destiné à illuminer efficacement une cuve de colorant.
Estimation du volume actif
Si les électrodes font environ :
- longueur : 600 mm
- largeur : 25 mm
- écartement : 5 à 10 mm
le volume excité est de l’ordre de :
0.6×0.025×0.0070.6 \times 0.025 \times 0.007 ≈100 cm3\approx 100\ cm^3
ce qui est énorme pour un laser à azote.
C’est probablement cette combinaison :
- basse pression,
- grand volume,
- mélange He-N₂,
- commutation thyratron,
qui permet d’atteindre le mégawatt crête annoncé tout en conservant une cadence de 100 pps.
Une question m’intéresse : ce laser est-il un modèle commercial (Lumonics, Molectron, Avco Everett, Laser Science, etc.) ou bien une réalisation artisanale/prototype ? La construction mécanique et le montage semblent beaucoup plus sophistiqués que la plupart des TE N₂ commerciaux que l’on rencontre habituellement.











